Avis aux lecteurs

[ Site en construction perpetuelle. Jets à corriger, Elans à canaliser. Toutes vos suggestions sont les bienvenues. caelis@aliceadsl.fr ]


Ca donnera des frissons d'horreurs aux amoureux de la littérature.. ? ( Ou pas )
Ca fera sourire mes étudiants.. ? ( Ou pas ... )
Ca me fait plaisir d'écrire, ça m'aide à comprendre.
Ca enlève un peu la poéticité mais ça pousse à lire et à la sentir soi même.
C'est juste un accés différent que je donne.

Ne pensez pas que je veuille réduire, démystifier. Je suis peut être autant, si ce n'est plus amoureuse que vous de nos chers bons vieux livres. Ceux lus dans les trains, ceux qui sentent le champignon , jaunis, ceux dont on est fiers, ceux dont on évite de parler.

On me dit que "Racine n'est plus Racine, alors".
Je réponds qu' au moins Racine, il aura envie d'être exploré.
Pour redevenir un Racine.

Le concept est simple : Résumer les oeuvres de façon à les rendre plus attrayante pour nos petits jeunes. Oeuvres entières, explications de textes incontournables de la littérature.

Ce n'est pas la langue que je simplifie, c'est l'Histoire.
Pour donner envie. Sans oublier qu'après tout, l'histoire est souvent un pretexte à la Beauté !

1 ) Les oeuvres complètes résumées


Vendredi 28 mars 2008 5 28 /03 /Mars /2008 11:16

 

 

Un rat campagnard, un rat un peu nanard,

Avait hérité de son père d’une quantité de blé.

Youpi, je peux quitter mon trou, me sauver de là,

Avec l’argent que j’ai, le monde sera à moi.

 

Un Rat hôte d'un champ, Rat de peu de cervelle,
Des Lares paternels un jour se trouva sou.
Il laisse là le champ, le grain, et la javelle,
Va courir le pays, abandonne son trou.
Sitôt qu'il fut hors de la case,
Que le monde, dit-il, est grand et spacieux !
Voilà les Apennins, et voici le Caucase :
La moindre taupinée était mont à ses yeux.

Une fois parti de son trou, il ouvrit les yeux grands,

C'était pas sa campagne ici, que le monde était géant !

Toujours mieux que sa case qu’il prenait pour un hlm,

Il arrive dans un monde, à l’image de ce qu’il aime.

 

Un jour, se promenant, il arrive prés d’une rivière

Où, bronzant, des huîtres le ventre à l’air,

Attirèrent son attention. Il les prit pour des bâteaux,

( Faut avoir de l’imagination, on vous l’a dit qu’il était sot )

 

 

Mon père avait peur de tout,dit-il, moi j’ai tout vécu

Je vais l’dire à tout le monde, je suis ingénu,

J’ai pas lu de bouquins mais la vie, j’la connais

Je vais de ce pas, tout leur répéter.

Certes, dit-il, mon père était un pauvre sire :
Il n'osait voyager, craintif au dernier point :
Pour moi, j'ai déjà vu le maritime empire :
J'ai passé les déserts, mais nous n'y bûmes point.
D'un certain magister le Rat tenait ces choses,
Et les disait à travers champs ;
N'étant pas de ces Rats qui les livres rongeants
Se font savants jusques aux dents. 
 

Soudain, une huître fermée s’ouvrit toute grande

Grasse, appétissante, elle était un peu gourmande,

Et attira le rat, affamé devant tant de beautés

Hum, se dit-il, je vais pouvoir l’avaler et me régaler.

 

Notre ami rat , dans l’huître, tendit donc sa tête

Convaincu qu’il allait de ce pas lui faire sa fête.

Elle se referme sur lui, le voilà coincé,

L’huitre n’est pas une fille facile, il fallait s’en douter!


 
Parmi tant d'Huîtres toutes closes,
Une s'était ouverte, et bâillant au Soleil,
Par un doux Zéphir réjouie,
Humait l'air, respirait, était épanouie,
Blanche, grasse, et d'un goût, à la voir, nonpareil.
D'aussi loin que le Rat voir cette Huître qui bâille :
Qu'aperçois-je ? dit-il, c'est quelque victuaille ;
Et, si je ne me trompe à la couleur du mets,
Je dois faire aujourd'hui bonne chère, ou jamais.
Là-dessus maître Rat plein de belle espérance,
Approche de l'écaille, allonge un peu le cou,
Se sent pris comme aux lacs ; car l'Huître tout d'un coup
Se referme, et voilà ce que fait l'ignorance.

 

Voilà, il ne savait rien du monde, le voilà embêté,
Faut sortir de son trou parfois, pour connaitre la vérité.
Tu crois tout savoir, et tu te fais piéger,
Sa maman lui avait dit, quand on ne sait pas, on se tait.

Cette Fable contient plus d'un enseignement.
Nous y voyons premièrement :
Que ceux qui n'ont du monde aucune expérience
Sont aux moindres objets frappés d'étonnement :
Et puis nous y pouvons apprendre,
Que tel est pris qui croyait prendre.

Par Dame Caelis
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Jeudi 27 mars 2008 4 27 /03 /Mars /2008 22:09
Si ce n'est pas Aude, ce sera Cassandre.
D'aprés Ode à Cassandre de Pierre de Ronsard.

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.

 

Allez ma gamine, viens avec moi, ton vieux poéte,
Voir si la rose que j'ai vu ce matin n'est pas fânée.
Elle avait comme toi un joli teint, une mini robe en dentelette,
et mes yeux vicieux, pour sa jeunesse, ne cessaient de l'admirer.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las, las ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Quel dommage! Tu as vu, comme en si peu de temps,
Elle a perdu sa beauté, elle ressemble à ta maman.
La vie est injuste, rien ne dure en ce bas monde,
Ma petite, profite sans attendre de tes formes encore rondes.


Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté.

Donc, tant que belle , tu es encore, viens voir tonton Ronsard,
Bientôt tu ne me plairas plus, c'est maintenant ou c'est trop tard,
Et quand tu viendras me supplier,
rattrapée par les démons de midi,
je te dirai de te rhabiller et de te mettre à la poésie.
.. Un peu comme je le fais ici ..










Par Dame Caelis
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Jeudi 27 mars 2008 4 27 /03 /Mars /2008 13:12
Texte original


La mort et le bûcheron
La fontaine.


Un pauvre Bûcheron tout couvert de ramée,
Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
Gémissant et courbé marchait à pas pesants,
Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.

Il était une fois un homme qui portait du bois.
Il en avait partout, des épaules jusqu'aux genoux.
Et en plus d'être malheureux, il était pauvre, et vieux.
Et malade, et triste, et maussade, et sinistre.

Il lui aurait fallu un déambulateur.
Mais la sécu du 17ème n'avait pas de prêteur.


Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur,
Il met bas son fagot, il songe à son malheur.
Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde ?
En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?
Point de pain quelquefois, et jamais de repos.
Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,
Le créancier, et la corvée
Lui font d'un malheureux la peinture achevée.


 Comme il avait du mal à rentrer chez lui,
Il s'arrêta un jour, et à la nuit, il dit :
" J'en peux plus, aide moi.
J'ai fait quoi de ma vie, selon toi?
Même le voisin, il a plus de sous que moi ...
J'ai pas de blé pour une baguette, encore moins pour une couette
Ma femme, mes gosses, les soldats, les impôts
Les mecs à qui je dois des sous, le boulot,
.. pas besoin de dessin : je suis plus bon à rien."

Il appelle la mort, elle vient sans tarder,
Lui demande ce qu'il faut faire
C'est, dit-il, afin de m'aider
A recharger ce bois ; tu ne tarderas guère.
Le trépas vient tout guérir ;



Il n'y a plus qu'un éceuil : le cerceuil.
" Madame la mort, y es tu ? Librère moi, je n'en peux plus"

Comme le spiritisme marchait au seizième siècle, elle arriva
La faucheuse fauchant les fauchès d'ici bas.
Et devinez ce qu'il lui demanda?
De l'aide, oui de l'aide, pour porter son bois ..
..parce que tout seul, il n'y arrivait pas !
Elle lui demanda alors de cesser de geindre
Bientôt il ne pourrait bientôt plus se plaindre
                Il allait mourir !

Mais ne bougeons d'où nous sommes.
Plutôt souffrir que mourir,
C'est la devise des hommes.

 Bref, la mort nous rattrapera, pas de chance.
Souffre si tu veux pour le moment, mais en silence.




Par Dame Caelis
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Jeudi 27 mars 2008 4 27 /03 /Mars /2008 10:56
Hernani
Victor HUGO.

Acte 1


L'histoire de cette pièce de théâtre se passe au 16ème, dans une société espagnole. Elle parlera, d'amour et de pouvoir. Dés mes premières lignes, le lecteur entre dans la chambre d'une espagnole , Dona Sol.  Au début, ce n'est pas compliqué, et vous allez voir que les rois et les reines ont parfois des coutumes bien particulières! Vous regarderez, croyez moi, les personnalités du pouvoir avec un oeil différent  - si ce n'est pas déjà fait !

Le roi, donc, à cette époque ,se nomme Don Carlos. ( Evidemment non, il ne se proméne pas tout nu et tout bronzé sur une plage au soleil en été.. ). A vrai dire, il n'avait que peu de temps pour aller à la plage puisqu'il aspirait à courtiser Dona Sol dont il est amoureux. Dona Sol pourtant, est déjà promise à son vieil oncle. Forcément, elle préférera le roi - vous me direz...Et bien non! Dona Sol a plus d'un tour dans son sac et a projeté de faire venir chez elle son amant, Hernani. [ pourquoi en avoir deux quand on peut en avoir trois? ] Je résume : Le vieil oncle aime Dona Sol, Dona Sol aime Hernani, Mais Dona Sol est aimée aussi du roi ( qui n'aime pas pour autant Hernani, précisons le ).

Le roi : " Je voudrais assister à la scéne "
La bonne : "Non mais didons, ça ne se fait pas, vous vous êtes trompés d'endroits. Pas de ça chez nous. "
Le roi : " Je suis le roi, je fais ce que je veux ... "
La bonne : " Bon ok, donnez moi un peu d'argent et Vite, cachez vous dans un placard "

Forcément, il ne faut pas que l'amant découvre sa présence. Voilà donc notre cher roi, caché dans un placard, observant Dona Sol avec son amant.  Hernani, son père s'est fait décapité à cause de Don carlos. ( Je vous l'ai déjà dit, à l'époque, vaut mieux pas embêter son monde. On finit la tête à l'envers ! ) Ainsi, le fils veut venger son père.

Badammmmmmmmmm.... Le roi sort de sa cachette, armé de son épée et veut se battre avec Hernani. Et là, Coup de théâtre, voilà t-il pas qu'arrive l'oncle, l'oncle Gomez ( pas celui de la famille Adams )

Oncle : " Quoi ? Deux hommes chez ma niècle? "
Le roi : ( hypocrite sur ce coup )  " Bonjour cher Oncle, ne vous inquiétez pas, cet homme que vous voyez avec moi fait partie de mes sujets. L'empereur vient de mourir. Dois-je me présenter pour être élu? "
à part : Hernani : " C'est lui... le vieux, l'assassin de mon père... ce vieil oncle...en  plus il veut me voler ma petite femme... je vais me venger" .

L'angoisse est à son comble, n'est ce pas?


Acte 2.
Par Dame Caelis
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Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /Mars /2008 21:56
Phèdre, à la base, c'est une histoire un peu glauque, faut l'avouer. Le genre d'histoire qui passe limite à Confessions Intimes, parce que quand même, il faut le faire. Phèdre, on ne sait pas trop d'où elle vient. C'est à la fille de Minos et de Pasiphae. Evidemment, à leur époque, on ne naissait pas fils de Thérése et Jean Jacques.
Phèdre, comme beaucoup de femmes modernes, n'allait pas bien. Elle était rongée d'un mal dont elle ne voulait pas dire le nom. Souffrait-elle de dépression? Avait-elle un déréglement hormonal?

Phèdre n'est pourtant pas un coeur à prendre. Son homme s'appelle Thésée( celui qui parlait trop )  . Depuis six mois, il a disparu. Peut-être a t'il pretexté une histoire de cigarettes à aller chercher. Et il n'est jamais revenu. Son fils Hippolyte s'inquiète. Il veut le retrovuer. Theramène, son meilleur ami le raisonne. Peut être que son père ne souhaite pas qu'on sache où il est. Peut être que le patriarche a d'autres chats à fouetter. Ou pas. Quoi qu'il en soit, Hippo est amoureux. Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point. C'est pour celà qu'il veut partir : il est amoureux d'une ennemie de son père. Aricie. Des dix mille gazelles de son camp, il a fallu choisir une blonde du camp adverse évidemment. Pendant ce temps, sa belle maman annonce à sa gouvertante ( sa bonne ) qu'elle est amoureuse, elle aussi. Aprés avoir fait sa mystérieuse, elle avoue :


Phèdre : " J'te raconte pas "
Oenone : " allez !!!"
Phèdre : "Non, j'te raconte pas"
Oenone : " Bon ok... "
Phèdre: " Attends, j'te raconte. Mon beau fils, il me plaît bien .. Ce n'est pas de ma faute, c'est celle des Dieux. Le mauvais sort, tout ça. Ce n'est pas parce qu'il est jeune et beau, vraiment


Celui qui convoite le bien d'autrui mérite bien de perdre le sien.
     [Phèdre]


Toc toc toc ... Pas le temps de poursuivre, on frappe à la porte. Panope arrive et annonce la mort de Thésée. Phèdre vient de perdre son mari, hippo' a perdu un père.

Pendant ce temps, la bien aimée d'Hippo qui ne se doute pas du drame de son copain avoue à sa bonne qu'elle aime Hippo à son tour. Comme par hasard, le beau jeune homme arrive et lui dit qu'il l'aime aussi. C'est beaucoup plus noble qu' un SMS tout ça.... Phèdre ne perd pas le nord. Elle vient voir Hippo pour défendre les droits de son jeune fils. Evidemment, bien sur qu'il est mort le Thésée mais il a laissé de l'argent... et puis elle craque. Sous le charme du beau brun  ( qui, rappellons le est son beau fils ! ) , Phèdre avoue tout. Par des images, des détours, des labyrinthes verbaux ( c'est quand même Racine qui parle ! ) , et plein de poésie, elle lui dit qu'elle l'aime, même si c'est interdit. Il la rejette ( ... )


Surprise!  ... Thésée, qui était mort, ne l'était qu'un peu ! Il revient en effet , s’étonne de recevoir un accueil si froid. Tu m'étonnes. Si il savait que sa femme vient de draguer son beau fils. Enfin, il peut au moins compter sur son fils qui veut fuir sa belle mère. Il a même décidé de confier à son père qu'il aime Aricie. Phèdre, blasée, desespérée, tragique, pathétique vole l'epée de son bien aimé. ( Pourquoi pas ) .
Finalement, sa meilleure amie s'inquiéte. Œnone, qui est quand même sa confidente privilégiée a peur pour Phèdre : Et si elle voulait se suicider? Elle prend alors une décision imprévue. Elle raconte à Thésée qu’Hippolyte a tenté de séduire Phèdre. Le monde à l'envers ! une stratégie de femme !C'est phèdre qui se prend un refus mais sa meilleure amie renverse la situation. Alors forcément, il est en colère le Thésée. Il met son fils dehors. Il demande à Neptune même de le tuer. Il faudra rappeler ici que Neptune est un Dieu de la mythologie, pas le bouledogue du voisin de gauche. Phèdre veut le faire changer d’avis...  mais elle apprend qu’Hippolyte aime Aricie. Alors forcément, jalouse, en colère, elle renonce et laisse là le malentendu. Pour le moment, elle ne s'en sort pas ci mal. L'amour, ça fait faire des choses....


Alors il part, le beau fils. Ce si beau beau-fils. Avant, il demande à Aricie de l'épouser. Il n'a pas été tellement destabilisé. Quand il apprend la situation, Thésée commence à avoir des doutes sur la culpabilité de son fils,...  mais on apprend sa mort. Et lui, il ne meurt pas à moitié. Même qu'il ne reviendra pas du tout. Enfin un vrai mort! 

... Regrets de femme, conscience coupable :  Phèdre avoue tout à son mari ( qui deviendra sans aucun doute bientôt son ex, logique ) après avoir fait partir sa copine Œnone . Devine? Elle a été tellement triste qu'elle s'est jettée dans le lac. Souris pas, c'est ce qu'on appelle le tragique : tu as pitié ( elle fait pitié ) , il y a des morts et ça te fait peur : donc tu recommenceras pas. ( Non, tu ne convoiteras pas le fils de ton nouveau mari ! ) ... Phèdre quant à elle, a pris du poison ( l'équivalent d'anxiolotiques ou de somnifères qui marchent, pas ceux de ta grand mère pour ses palpitations, à l'époque, c'était radical ). Elle s'est effondrée, sur scéne. ( là, c'est déjà un peu moins drôle ... )
 
Soleil, je viens te voir pour la dernière fois.


"Et la mort, à mes yeux dérobant la clarté, Rend au jour, qu'ils souillaient, toute sa pureté."


Il reste qui? tu as fait le décompte? On pensait que Thésée était mort mais non. Finalement, Oenone se jette dans le lac et Phèdre dort d'un sommeil infini. ( Cendrillon, pour ses 20 ans... ) Et tu as oublié Hippo. Le pauvre Hippo. Je t'avais dit que les tragédies, c'était pas gai. Mais c'est carrément bien écrit.

Thésée ( qui n'est pas mort, tu l'as compris à force vu qu'il ne reste que deux personnages ) décide de venger son fils ( attends, il a quand même cru sa femme ! ) et respecter la dernière volonté d’Hippolyte : Il décide d’adopter Aricie.

 ( MAIS NON IL N'Y A PAS DE PHEDRE 2 OU THESEE DECIDE DE FRICOTER AVEC SA BELLE DEUCH ... )

Dans la joie et dans la douleur Sois modéré
car le malheur Au bonheur se mêle et s'allie
Pendant tout le cours de la vie.
     [Phèdre]

Ca a l'air un peu compliqué comme ça, mais vu sous cet angle, tout s'éclaire. Vous pouvez l'aborder beaucoup plus tranquillement. Une histoire forte de passions dans un monde de brut. La tragédie, vous le savez condamne les passions; il faut qu'en les voyant, vous n'ayez pas envie de faire la même chose. D'accord, à leur niveau ce n'est pas dur mais pensez à vos quotidiens.... n'y a t'il pas des choses, des sentiments qui vous dépassent au point de prendre tous les risques?


Je n’en mourrai pas moins, j’en mourrai plus coupable. » (Phèdre, Acte I, scène 3, vers 241-242)




A venir : LE CID.

Par Dame Caelis
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Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /Mars /2008 21:18
Finalement, je ne prends jamais autant de plaisir à lire pour ma préparation des oraux... que quand je ne suis pas sûre d'aller à la préparation des oraux! Le paradoxe d'une blonde ça. Ou d'une fille,en général. Et surtout d'une fille littéraire ' pourquoi faire simple quand on peut faire hyper mega compliqué, hum ? ' Aprés deux échecs prévisibles, "prévoyables", préventifs ... Me voici en route vers les résultats. Cette fois, c'est fini. Je n'irai que pour vaincre ! Je suis venue, je suis revenue, j'ai vu, revu, je ne serai plus vaincue.

Rares sont les moments où nous sommes séparés, Amour et moi. Je me suis mise au lit, engluée contre mon chaton délavé. Et nous avons enRaciné. ( admirez le jeu de mots ) J'ai pris un livre au hasard, dans la catégorie des plus classiques, des plus scolaires, des plus pompeux. Ca doit faire dix ans qu'il est là ce livre, je pense que je l'ai acheté en seconde, quand j'avais de bonnes intentions encore. Des années donc qu'il m'appelle avec ses silences de livre .. Britannicus...Ouais bon, à la base, j'ai toujours été rebutée par les noms en -Us.



J'ai bien sur toujours trouvé que la langue racinienne était compliquée. C'est vrai qu'elle demande un certain effort de lecture, il faut que nous soyons actifs. Ce n'est, hélas, pas le genre de pièces à lire dans son bain, entre deux bulles remontées à la surface. Pourtant je m'y suis mise à cette pièce :

«L'amour, toujours, n'attend pas la raison.»
[ Jean Racine ] - Extrait de Britannicus




«Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense !»
[ Jean Racine ] - Extrait de Britannicus


«Il n'est point de secrets que le temps ne révèle.»
[ Jean Racine ] - Extrait de Britannicus



BRITANNICUS.et je vais vous prouver que ce n'est pas qu'une histoire de vieux débris ( bah oui, la période antique est réputée pour ses ruines, non?)


Alors en somme, c'est l'histoire d'un mec ...

Agrippine est la veuve de Claude et d'un autre mec -avec un nom bien compliqué comme vous n'en verrez plus de nos jours ( et finalement heureusement pour lui )- : Domitius Enorbarbus. Surnommé l'homme à barbe. Non, ça c'est moi qui le rajoute. Alors cette Agrippine, aprés avoir enchainé les amants, a eu trois enfants : Néron ( l'homme au nez rond ) , Britannicus ( qui vient d'angleterre ) et Octavie ( qui bien sûr, n'aime pas la vie ) . Bref, cette gentille dame Agrippine -l'agrippée qui tient en grippe un peu tout le monde, sauf elle-même- a décidé d'écarter son fils Britannicus du trône [ trône = pouvoir, hein ] . Alors que Britannicus devait être l'héritier du pouvoir, la Dame en a décidé autrement : tout sera au profit de son autre fils Néron ( ne lui a t-on jamais fait lire Françoise Dolto? Ne jamais montrer de préférences envers ses enfants ! ). Néron est donc un empereur tout puissant ... dans les jupes de sa mére. Son frère Britannicus coule des jours paisibles, amouerux et aimé de Junie ( c'est comme Julie mais version plus... antique?) .

 Donc, en somme, Agripine préfére Néron, Britannicus aime Junie, ...pour le moment, rien de bien complexe à tout ça. Me dîtes pas que je vous ai déjà perdu.  Parce qu'à partir de là, tout se complique. Parce qu'il faut qu'il y ait un MAIS. Néron ( qui n'en a pas assez du pouvoir pour lui tout seul, .. et pour sa mére  .. ) décide de s'enticher de Junie, même si il est marié avec Octavie ( la soeur de son demi frère ) PARDON?  Néron il veut juste piquer la copine de son frère, et larguer sa femme qui est la soeur de son frère. ( méfiez vous des frères !! )  [ voilà une histoire qu'elle devient intéressante ! ]

Néron fait enlever Junie. [ Ne réglez pas vos conflits ainsi, vous verrez où celà le mène ]. Il perd toute sa puissance et son charisme devant les yeux larmoyants de Junie. Pourtant, elle n'a rien demandé. La pièce commence à ce moment là. Agrippine n'est pas contente et le reproche à Néron ( Forcément, ça reste sa môman... )

Agrippine : - " Mon chéri, rend la copine à ton frère, c'est pas bien"
Néron : "-nan ! Qui va à la chasse .. devrait pas y rester longtemps. Pis j'fais ce que je veux d'abord, j'suis le plus fort ici".


Alors en gros, quoiquispass' là dedans?


Agrippine est en colére. Junie refuse la main de Néron ( elle a vu à Confessions Intimes que c'était pas tip top de fricoter avec le frére de son mec ... pas tendance ) . Celui ci ( c'est toujours l'empereur le plus puissant le plus riche et tout et tout ) conseille à sa bien aimée ( sa poule quoi ... ) de faire semblant de ne plus aimer Britannicus. Elle joue le jeu car elle craint que Néron ne le tue ( Jure? Oui, c'était bien plus violent à notre époque ) . Quel sadique en réalité que ce Néron! Lui qui jubile de faire pleurer Junie.

Junie, -parce que que les gonzesses savent rarement tenir leur langue-, elle balance tout à Britannicus. ET BIEN SUR NEROOOON les entend ( bah évidemment ! sinon nous ne serions pas dans une tragédie ) . Agrippine la bonne maman dit à Néron de laisser tranquille son frère, qu'il a mieux à faire. En bon petit fils qu'il est, il donne raison à sa maman.  Il joue l'hypocrite, aquiesce.  Son conseiller , son meilleur ami est de l'avis de sa mére.  Il fait donc semblant de se réconcilier avec son frère. Pourtant, un autre conseiller, fourbe, cruel, méchant (le mauvais copain) le pousse au crime. ...Narcisse.


«J’embrasse mon rival, mais c’est pour l’étouffer.»
[ Jean Racine ] - Extrait de Britannicus


Un mic-mac du 17 ème siècle qui plaira à nos jeunes et plus âgés lecteurs en quête de sensations fortes. C'est sûr que la langue demande un réel temps d'adaptation mais nous nous laissons tout de même vite accrochés par l'histoire de passion, d'amour, de crime, de jalousie. Une langue remplie de poésie qui rend l'émotion et fait vibrer!

Et oui, Racine n'est pas qu'un vieux barbant !

Ou de la littérature de gonzesse, hein mon Amour ?

PROCHAINE ETAPE : Phédre
Par DAME CAELIS
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Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /Mars /2008 20:15

Ca donnera des frissons d'horreurs aux amoureux de la littérature.. ?
Ca fera sourire mes étudiants.. ?
Ca me fait plaisir d'écrire, ça m'aide à comprendre.
Ca enlève la poéticité mais ça pousse à lire et à la sentir soi même.
C'est juste un accés différent que je donne.
On me dit que Racine n'est plus Racine, alors.
Mais au moins Racine, il aura envie d'être exploré.
Pour redevenir un Racine.


***

- Ouais, ça se peut que Molière ça soit drôle, mais si il veut faire passer  un message, il a qu'à faire comme Diam's.

- Pfff , mais il est mort ce mec ...

- J'comprends pas. Pourquoi il parle pas français?

-Nan mais madame, vous avez pas de vie? Le monde, c'est pas ça hein.

( et moi, j'ai envie de vous prouver que si, justement !  )

Voici le shéma typique d'un cours de français. "Don Juan", ça ne vous évoque pas grand chose, mis à part les surnoms de maman à papa quand il rentre trop tard d'une "réunion de travail". Et moi aussi, j'en ai eu des aprioris. Pourtant, parce qu'un jour ma prof de français a hurlé des vers sur la table, parce que certains textes m'ont aidé à me comprendre, me voici passionnée de français, de littérature.

Sortant de six heures de composition française, deux mots pour un seul et même art : la dissert'! ... Fatiguée, lassée, blassée, je décidai de me promener dans les rayons de furêt. N'allez pas croire que j'ai tout lu, tout vu, tout entendu. Je suis comme vous. En un peu plus vieille, mais juste un peu. Je sortais donc d'un long devoir quand j'ai croisés deux jolis huluberlus, coiffés à la iroquois, leurs mèches en techtonique des plaques, qui prirent un Molière dans les mains. Mince, Bonheur? Et l'un deux dit à l'autre.

"Tu sais c'est qui Ch'Tartuffe? "
" Bah c'est une tarte, et elle fait " UFFE ".

J'espère que vous n'avez pas souri? Si? Moi aussi, je l'avoue.

Je prends donc mon courage à deux mains et je me décide de vous faire profiter le plus régulièrement possible de textes , de livres, de commentaires composés expliqués avec mes petits mots à moi.

N'hésitez pas si vous avez des suggestions à faire !

Par DAME CAELIS
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